30 décembre 2008
Balkanyland : deux lycéens en butte à la répression
SOURCE: PLUME DE PRESSE
Balkanyland : deux lycéens en butte à la répression
Encore un mensonge assermenté
mardi 30 décembre 2008, par Olivier Bonnet
"La mission de la Police Municipale est claire : assurer la protection des Levalloisiens et de leurs biens, indique le site de la mairie de la ville. Les
81 policiers municipaux et 55 agents de surveillance de la voie
publique travaillent au quotidien en collaboration avec la Police
Nationale." A l’occasion, ils jouent aussi le rôle de milice aux ordres du premier magistrat de la ville, le repris de justice Patrick Balkany. Si vous ne connaissez pas l’individu, nous vous invitons à lire Sarkozy, qui sont tes amis ? L’improbable Patrick Balkany. "On
est en France et on se pince. Depuis que Sarkozy a été élu, il se croit
plus que jamais au-dessus des lois, mais on nage en plein despotisme", dit de lui sur Rue89 la mère d’un lycéen poursuivi avec un camarade pour "résistance"
à la police. De quoi s’agit-il ? L’affaire remonte au 17 novembre
dernier. Le Conseil municipal examine ce jour-là le budget de la ville
et une trentaine de militants du Mouvement solidaire pour le logement (MSL)
ont décidé d’assister aux débats. Parmi eux, Baptiste et Vincent, deux
jeunes de 17 ans, fils de parents militant dans l’opposition à
Levallois-Perret et par ailleurs engagés dans le mouvement de
contestation lycéenne. La présence du MSL déplaît à Balkany,
qui a convoqué une cinquantaine de policiers (municipaux et nationaux),
contre deux ou trois lors d’un Conseil municipal ordinaire. Le
collectif entend "attirer l’attention de la mairie sur les problèmes de logement et obtenir un Rendez-vous avec le cabinet du maire, explique un communiqué publié par 11 organisations (CNL, FSU, JCR, LCR, MSL, NPA, PCF, PS, Solidaires, SUD-PTT, UL CGT). Depuis
plus d’un an, la mairie refuse de recevoir le collectif, alors que
plusieurs familles sont dans des situations très urgentes et risquent
même l’expulsion." Dans le même temps, Balkany est accusé de
placer ses amis en priorité dans le parc de logements sociaux, comme
par exemple l’ex-tennisman Henri Leconte, élu sur la liste de la
majorité et logé en HLM, dans un duplex de 88 mètres carrés comme l’a révélé Le Parisien.
La suite est racontée par Rue89, citant le témoignage d’une militante PS présente dans le public : "Dans les gradins, elle dit avoir entendu les policiers en faction parler d’aller "chercher les renforts" lorsque Patrick Balkany "a commencé à protester contre l’opposition".
Les séances sont en effet toujours très agitées à Levallois, où
l’opposition municipale accuse depuis longtemps la mairie de "confisquer le débat démocratique, par exemple en coupant les micros lorsque l’opposition s’exprime".
Toutes les personnes présentes - dans le public, sur les gradins du
haut, comme en bas, dans la salle - rapportent que le couple Balkany a
protesté vivement contre "quelques
gloussements et des applaudissements lorsqu’un représentant de
l’opposition a bravé les sifflets des groupies de Balkany". Pour Annie Mandois (élue PCF, Nda), "Balkany cherchait un prétexte contre le MSL, sinon pourquoi avoir mobilisé une cinquantaine de policiers ?"
C’est aussi l’avis d’Anne-Eugénie Faure, conseillère municipale
socialiste depuis le mois de mars. Et avocate des deux mineurs depuis
lundi. Suite à ce chahut et tandis que les renforts arrivent, Patrick
Balkany demande une suspension de séance. Elle dure environ quinze
minutes, durant lesquelles le gros des élus passent dans la salle
contiguë, où les attendent des petits fours." Pendant que ces messieurs-dames se restaurent, la police évacue les militants du MSL : "Les jeunes ont refusé de quitter les lieux en faisant la pierre et les policiers s’en sont saisis brutalement, raconte Maître Faure, les
ont levés de force. On a alors vu une grappe d’une cinquantaine de
policiers qui embarquaient les jeunes, mais pas entendu
particulièrement de cris." Dix-sept d’entre eux sont conduits au
commissariat puis relâchés, sauf Baptiste et Vincent, maintenus pendant
deux nuits en garde-à-vue ! "Ils n’ont pas dormi pendant 48 heures et ont vécu une expérience traumatisante, s’indigne leur avocate. On a fait subir quelque chose de très grave à deux enfants (...) qui ont voulu résister à leur exclusion du conseil municipal au prétexte qu’ils n’étaient pas d’accord avec le maire." Les deux lycéens affirment en effet avoir résisté sans violence, mais ce n’est pas la version de la police : "deux
fonctionnaires de police se sont plaints de « blessures » pendant la
nuit. Les deux mineurs sont déférés devant le Juge des Enfants du
Tribunal de Grande Instance de Nanterre qui les met en examen, l’un
pour « résistance », l’autre pour « résistance et violence sur personne
dépositaire de l’autorité publique », résume leur comité de soutien, qui a mis en ligne une pétition réclamant l’arrêt des poursuites contre eux, signée par de nombreuses personnalités de premier plan (Gérard Aschieri, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet, Monseigneur Gaillot, Noël Mamère, Pierre Moscovici...). "On doit pouvoir exprimer ses opinions à Levallois-Perret comme partout en France, même quand on a dix-sept ans", protestent-elles. Mais Balkanyland est-il régi par les lois de la démocratie ?
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